Exposition temporaire itinérante Big Data à la CSI Universciences


Concours (groupement avec Trafik et Adequat)


Intentions muséographiques
Le parti-pris général, progression – immersion - perception - décalage – visibilité – immatérialité, consiste à la mise en oeuvre d’un espace graphique et scénographique vibratoire pour déclencher des perceptions, visuelles, émotionnelles dans une dynamique constante et diversifiée.
Les objectifs sont doubles.
D’une part obtenir une atmosphère de construction et déconstruction des espaces créés à partir des différentes scansions du programme pour générer un mouvement plastique, tout en assurant une continuité disruptive.
D’autre part donner à voir dans l’espace, et instantanément, un milieu fragmenté et mobile; fragments du site High tech existant (bâtiment de la CSI), fragments traversés qui par un court circuit de reflet ou d’orientation forment la génératrice de l’ensemble ( les points extrudés formant filtre), fragments traversant qui ponctuent des temps celui de l’immersion, (vertige, tornade), de l’interprétation ( on pose les choses, les définitions : taxonomie), de la machine planétaire (le panorama de la production et la circulation des données, leur stockage), de l’atelier d’explorations (algorithmes et rendre visible et concret la théorie mathématique, de la galerie des usages (applications et questionnement sur la révolution numérique) ou du débat collaboratif (vers un IoH ? – Internet of Humans…). La perception intuitive du visiteur, qui vient voir cette exposition de l’ordre du visible et celui du non-visible, ainsi sollicitée va permettre dans un effet miroir d’assembler les contraires et d’abolir les limites dans le réel. Pour y parvenir nous proposons un double fonctionnement, « une architecture dont la présence physique a un effet émotionnel direct», (Peter St John) ; transversalité au parcours par le regard versus linéarité du déplacement du corps, et constructions architecturées dans l’espace versus open-space. Nous utilisons les potentialités sensorielles du corps dans une promenade cinématique pour être dans la filiation du sujet à partir d’un travail sur l’espace. C’est par un assemblage de formes élémentaires et économiques, comme un paysage pauvre, essentiel, dont la narration n’est pas perceptible mais s’entre-aperçoit de manière constante dans le travelling de visite, que va émerger un espace sobre, sensible dont la syntaxe constructive avec un minimum de matière va générer un maximum d’espace. Un espace ou des espaces successifs vont être à la fois médium d’expériences perceptives et lieux d’événements autant que de mouvements. Les obstacles sont hors champ, à l’instar des immenses poutres de la CSI qui suppriment toutes structures porteuses en sous face, seuls les événements, correspondant à l’organisation thématique circonscrivent les rapports de voisinage et forment un espace topologique dont mesure et distance sont moins prépondérantes que les relations créées. Dessinées à partir d’une forme euclidienne, les relations topologiques se décomposent en expérience progressive avec séquences visuelles qui se succèdent pour qu’in fine ou immédiatement, prédomine la « sensation du lieu, de la concentration, lorsque soudain cette enveloppe est autour de soi et nous rassemble et nous tient, seul ou en groupe » (Peter Zumthor). Ce dispositif est notre réponse « au filet numérique » jeté sur le monde par le calcul. La superposition modulation de l’espace et de sa lumière avec signification (« mood ») du scénario muséologique doit fonctionner de manière naturelle, presque intuitive. Le traitement dans l’espace est le versant esthétique du projet scientifique, un soutien à la compréhension, un viatique (ou véhicule) qui en emprunte le même rythme, processus ou démonstration. Ou comment rendre un espace visitable sans procéder d’une errance de notions en notions (synonyme d’ennui ou d’accablement) mais dessiner un environnement qui attache le visiteur au réel ?
Plan ombré du dispositif muséoPlan ombré du dispositif muséo copyright Zen+dCo2016